Communiqué 13e commémoration annuelle

#VISTOIREPourLamine

Il y a treize ans, le 17 juin 2007, notre fils, frère et oncle Lamine Dieng a été massacré par plusieurs policiers.

Plaqué au sol face contre terre, chevilles et poignets menottés ensemble dans le dos, traîné sur le bitume puis maintenu à plat ventre dans un fourgon de police, le poids de quatre agents sur lui. Lamine est mort asphyxié, le corps marqué de 30 hématomes. Son calvaire a duré une demi-heure.
Lamine avait 25 ans.

Depuis treize ans, notre famille se bat pour obtenir la vérité, la justice et la paix pour Lamine.
D’interminables années de procédures face à une machine judiciaire qui persistait à considérer ce crime comme un non-lieu. D’année en année, des magistrats nous ont dit que la mort d’un jeune homme noir sous les coups des policiers est un non-événement.
Depuis treize ans la justice française répète à notre famille que ces décès sont une chose ordinaire et normale pour les forces de l’ordre en France.
Nous avons vécu treize années de combat contre le déni de justice, face à une institution qui nous a systématiquement refusé un procès pour les responsables de la mort de notre fils, frère et oncle.

Mais le 4 juin dernier, l’arrêt rendu par la Cour européenne des Droits de l’Homme a entériné la culpabilité de l’Etat français, qui reconnaît sa responsabilité dans ce crime policier qui a tué Lamine. C’est une victoire !

Et pourtant, comme tout le monde l’a vu et entendu hier soir, alors qu’un mouvement international massif, historique, fait descendre les foules dans la rue contre le racisme policier et contre les violences impunies des forces de l’ordre, le président Macron n’a pas eu un seul mot pour les victimes insultées, humiliées, tabassées, blessées, mutilées ou tuées ces derniers mois.

Durant le seul mois d’avril dernier, dix hommes sont morts suite à une intervention policière. Dont quatre durant leur garde-à-vue au commissariat. Mais le président du comité de sauvegarde des statues d’esclavagistes n’a pas eu un mot ni une pensée pour ces victimes humaines.

Le chef de l’État a préféré insulter et dénigrer les dizaines de milliers de Français qui se rassemblent dans tout le pays pour manifester contre le racisme et réclamer la vérité et la justice, en les considérant ouvertement comme des ennemis intérieurs menaçant la République. Plutôt que de nous entendre, le « gardien de la constitution » a préféré reprendre le langage de l’extrême droite et nous coller une cible sur le dos pour nous désigner aux forces de l’ordre.

Comme chaque année depuis 2007 nous vous invitons donc à nous rejoindre pour célébrer la mémoire de Lamine.
Mais cette année est particulière !
En raison de notre victoire à la Cour européenne, en raison du confinement et de la multiplication des abus policiers et bien sûr en raison du mouvement international de solidarité contre le racisme policier et de la surdité du pouvoir, nous vous attendons massivement contre l’impunité des violences des forces de l’ordre et pour soutenir et faire entendre les voix des familles de victimes, des blessé.e.s et des mutilé.e.s

Ce samedi 20 juin, rejoignez partout en France les familles présentes dans les événements organisés. Chacun avec son masque et dans le respect des gestes de protection.
À Paris, rendez-vous place de la République, à 13h12, pour la marche #LaissezNousRespirer ! autour du quartier de Ménilmontant où habite notre famille.

Nous ne nous laisserons pas intimider par un président dont la seule réponse est de se cacher derrière ses policiers pour appliquer des politiques toujours plus brutales rejetées par la majorité de la population.
Pour garantir l’État de droit, nous exigeons :
• l’abrogation de l’article « permis de tuer » L435-1, de la loi de sécurité de 2017
• l’interdiction des techniques d’étouffement
• l’interdiction des armes de guerre (LBD, grenades) et des pistolets électriques sur la voie publique
• la suppression de l’IGPN et la création d’une institution indépendante pour enquêter sur les plaintes déposées contre les forces de l’ordre
• la radiation définitive de tout membre des forces de l’ordre ayant commis des actes ou tenu des propos racistes.

Comme on dit chez nous : #PasDeJusticePasDePaix

#JusticePourTous #LaissezNousRespirer #LaissezNousPasser

13e commémoration annuelle pour Lamine Dieng

RECONNAISSANCE DU CRIME par la CEDH après 13 ans de lutte

Mains menottées, pieds sanglés, à plat ventre, le poids de plusieurs policiers agenouillés sur le corps pendant 30 minutes, Lamine est mort écrasé par environ 300 kg le 17 juin 2007. Lamine a subi 2 techniques policières d’ÉTOUFFEMENT : la CLÉ D’ÉTRANGLEMENT avec matraque et le PLAQUAGE VENTRAL. Lamine est mort par ASPHYXIE MÉCANIQUE, à 25 ans.

La vidéo montrant la mort de George Floyd illustre parfaitement la mise à mort de Lamine. Lamine a été victime de la HAINE ANTI-NOIR et du RACISME qui sévit dans la POLICE.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a rendu son arrêt sur le meurtre de Lamine, conformément à la Convention européenne des droits de l’homme.
OUI, Lamine avait droit à la vie. (art. 2)
OUI, Lamine a subi un traitement inhumain et dégradant. (art. 3)
L’État républicain français, pour clore les poursuites à son encontre, a accepté de verser à la famille la légitime indemnisation fixée par la CEDH. Par cet acte, il RECONNAIT (1) que plusieurs de ses agents ont infligé en groupe la mort à un homme non-armé qui ne les menaçait pas, (2) que plusieurs de ses agents ont failli à leur devoir qui était de conduire un PROCÈS ÉQUITABLE pour rendre JUSTICE.
OUI, Lamine a été massacré par la police et déshumanisé par la justice.

Nous avons franchi une étape.
Poursuivons le combat pour le triomphe de la Vérité et de la Justice !

#LAISSEZ-NOUS RESPIRER ! #STOP RACISME ANTI-NOIR !
#STOP AUX CRIMES POLICIERS !
#STOP À L’IMPUNITÉ !

SANS JUSTICE, PAS DE PAIX – PAS DE PAIX SANS JUSTICE

Commémoration Lamine DIENG
samedi 20 juin 2020 à 13:12
rdv Place de la République (Paris)

#laisseznousrespirer : http://change.org/LaissezNousRespirer
(Fb) Collectif Vies Volées
Infos :  https://www.facebook.com/events/578229963107263/

Pétition par Vies Volées (2012)

Créez une commission d’enquête sur les décès lors d’opérations policières – #viesvolees

Les membres de nos familles ont été tués lors d’opérations policières. Ils sont morts dans d’atroces souffrances…pour rien.

Nous demandons à la ministre de la Justice Christiane Taubira de créer une commission d’enquête pluripartite autonome et indépendante sur l’ensemble des cas de décès lors d’interpellations policières. 

Nous demandons la fin de l’impunité, c’est une question de dignité humaine.

Nous sommes humains, nos pères, frères et fils aussi.

Nous remettrons la pétition à Madame la ministre dans quelques jours. Si nous sommes des milliers à signer d’ici là, elle devra répondre positivement à notre demande.

Merci de signer et de diffuser largement notre appel : Commission d’enquêtes indépendante et autonome

Collectif des familles victimes de crimes policiers, en lutte contre l’impunité judiciaire. 

Mail : viesvolees.france@gmail.com // 

Recensement des victimes sur : atouteslesvictimes.samizdat.net

11e commémoration annuelle pour Lamine Dieng

Le 16 juin 2018 : commémoration de la mort de Lamine Dieng, menotté et étouffé dans un fourgon de police le 17 juin 2007 par le poids de 4 policiers.

Le 28 juin 2017, l’appareil judiciaire français a classé sans suite par un non-lieu définitif de la cour de cassation, la mort de Lamine DIENG, par asphyxie mécanique due aux compressions thoraciques et crâniennes.
Avec plaquage ventral et clé d’étranglement : techniques policières d’immobilisation qui tuent.

Que faire lorsque l’appareil judiciaire nie la vérité et refuse de rendre la justice ?

Soyons nombreuses et nombreux le 16 juin 2018 !

11h – Projection du film « Dire à Lamine »
13h – Conférence de presse
14h – Marche
18h/22h – Village associatif – Concert

En mémoire de Lamine et pour réclamer vérité et justice !


Les lieux de rdv :

PROJECTION : Nogozon – 6 rue Julien Lacroix – 75020 Paris
(Métro « Ménilmontant » ligne 2 ; bus 96 arrêt « Julien Lacroix »)

CONFÉRENCE PRESSE + MARCHE + CONCERT : La FASTI – 44 rue des Amandiers – 75020 Paris (Métro « Père Lachaise », lignes 2 et 3 ; bus 61 et 69).

 

Remerciements 11e commémoration pour Lamine Dieng

Bonjour à toutes et tous,

La famille DIENG et le collectif Vies Volées vous remercient de votre présence lors de cette journée du 16 juin, 11ème commémoration annuelle du meurtre de Lamine par la police, mais aussi 11 ans de déni de justice dans cette affaire.
Notre journée n’a pas été parfaite, mais elle a été bien remplie, complète, et l’essentiel était de célébrer Lamine, d’être ensemble, de continuer à nous soutenir mutuellement face aux épreuves que nous imposent l’État et la justice française, et dans notre marche de rappeler ou d’informer les habitants du quartier.
Nous sommes fiers de notre petit « village militant », où nous avons pu nous retrouver, échanger, exposer, écouter musiques et chanteurs militants, mais aussi boire et manger.
Nous vous remercions car c’est grâce à notre solidarité individuelle et collective que cette journée a été mise sur pieds, avec très peu de moyens humains, matériels et financiers, uniquement grâce à nos réseaux, nos amies et soutiens, ainsi qu’avec la seule force de nos bras et de notre détermination.
À son habitude, la presse « mainstream » continu d’invisibiliser les luttes des familles et collectifs de victimes de violences d’Etat, mais nous continuons, et nous continuerons avec nos propres médias indépendants, qui eux au moins, diffusent notre parole et la vérité.
Collectif nous restons mais une fois n’est pas coutume, nous tenons à remercier particulièrement « Cases Rebelles », pour le film documentaire « Dire à Lamine », qui rend magnifiquement hommage à Lamine, à notre combat.
Nous voulions aussi rappeler que nous œuvrons notamment à la mise en place de campagnes contre les techniques d’immobilisation, ainsi qu’à la mise en place d’une commission d’enquête et d’expertise indépendante pour aider les proches de victimes à faire la lumière sur leurs affaires et contrer les expertises corrompues diligentées par l’appareil judiciaire.
Notre force est la solidarité entre nous, et reste le lien le plus précieux, ainsi que le combat politique à livrer pour que nos proches et ami-es ne perdent plus la vie entre les mains de la police.
Donc à nouveau nous voulions vous remercier d’avoir été là et de continuer d’être là.
On se revoit bientôt.
Solidairement vôtre,
Ramata et Fatou DIENG
Collectif Vies Volées